
Les réseaux sociaux nuisent au bien-être émotionnel des adolescents
Les réseaux sociaux occupent une place centrale dans la vie des jeunes. Une étude récente révèle que leur utilisation problématique affecte négativement le bien-être socioémotionnel des adolescents. Plus les jeunes passent de temps sur ces plateformes, plus leur équilibre émotionnel et leurs relations sociales en souffrent. Les filles sont particulièrement touchées, avec des niveaux d’utilisation excessive plus élevés que ceux des garçons.
Les résultats montrent que les adolescents qui utilisent de manière excessive les réseaux sociaux voient leur confiance en eux, leur capacité à gérer leurs émotions et leur persévérance diminuer. Leur sentiment de soutien familial, scolaire ou amical se dégrade également. Même des aspects comme la gratitude, l’enthousiasme ou l’optimisme sont moins marqués chez ceux qui passent plus de cinq heures par jour sur ces plateformes. À l’inverse, ceux qui limitent leur temps d’écran préservent mieux ces ressources psychologiques essentielles.
Les jeunes qui tentent de réduire leur consommation, bien que souvent sans succès, montrent une prise de conscience accrue de leur dépendance. Cela se traduit par une meilleure persévérance et une empathie plus développée, mais aussi par une utilisation plus problématique, révélant une lutte interne entre la volonté de changer et l’attachement à ces habitudes.
Les mécanismes en jeu sont complexes. Une utilisation excessive peut refléter une difficulté à réguler ses propres comportements, où les récompenses immédiates priment sur les objectifs à long terme. Par ailleurs, le temps passé en ligne remplace souvent les interactions en face à face, affaiblissant les liens sociaux et familiaux. Les jeunes les plus vulnérables sont ceux qui, en plus de passer beaucoup de temps sur les réseaux, subissent une pression sociale forte, comme la peur de manquer une information ou une interaction importante.
Les différences entre filles et garçons sont également marquées. Les filles, plus sensibles aux jugements et à l’approbation sociale, développent plus facilement une utilisation problématique. Elles obtiennent en revanche de meilleurs scores en empathie. Les garçons, eux, affichent une meilleure confiance en eux, une plus grande maîtrise de leurs émotions et une vision plus optimiste de la vie.
Cette étude souligne l’importance d’agir sur les compétences socioémotionnelles des adolescents pour les aider à mieux gérer leur relation aux réseaux sociaux. Renforcer leur conscience de soi, leur capacité à réguler leurs émotions et leur persévérance pourrait atténuer les effets négatifs de ces plateformes. Les programmes éducatifs devraient intégrer des modules dédiés à la résilience numérique, tandis que les parents pourraient bénéficier d’un accompagnement pour transformer leur foyer en un espace de soutien plutôt qu’en un lieu de conflit.
Nos références
Référence originale
DOI : https://doi.org/10.1007/s12187-026-10402-6
Titre : Adolescents’ Problematic Social Media Use and Socioemotional Well-Being: A Structural Equation Modeling Approach
Revue : Child Indicators Research
Éditeur : Springer Science and Business Media LLC
Auteurs : Sena Öz Tatacak; Zülal Yar; Zuhal Elibol; Dilek Adıgüzel; Zeyneb Nur Koşar